dimanche 1 avril 2018

SUITE DU PROGRAMME





ARMIDE (J. B. LULLY)

Armide (LWV 71) est la dernière tragédie en musique (en cinq actes et un prologue) terminée par Jean-Baptiste Lully. Elle fut composée en 1686 sur un livret de Philippe Quinault.
Le sujet de la tragédie est emprunté à la Jérusalem délivrée (Gerusalemme liberata) du Tasse. Il narre l'amour malheureux de la magicienne Armide pour le chevalier Renaud.

Prologue
Le théâtre représente un palais
La Gloire et la Sagesse vantent les mérites de Louis XIV, le « maître absolu de cent peuples divers ».
Elles chantent la « douceur de ses lois » et ses « glorieux exploits ». Les deux allégories qui se «partagent son grand cœur» déclarent leur amour pour ce « sage roi ». Elles introduisent ensuite la tragédie qu'on donnera pour lui et « qui verra Renaud [...] voler là où la Gloire appelle son courage ».

Acte premier
Le théâtre représente une grande place ornée d'un arc de triomphe
On célèbre la victoire d'Armide sur les chevaliers croisés de Godefroy. Phénice et Sidonie, les confidentes de la magicienne, s'étonnent de la « sombre tristesse » de celle-ci. Armide leur confie que sa victoire est incomplète, puisqu'elle n'a pas pu triompher de « l'indomptable Renaud », le plus vaillant de tous ses ennemis. Partagée entre haine et admiration pour ce « funeste ennemi », Armide est obsédée par un songe affreux dans lequel elle voit Renaud vainqueur de tous ses charmes. Le sorcier Hidraot, roi de Damas et oncle d'Armide, félicite celle-ci de sa victoire et l'invite à se choisir un époux. Armide lui répond que « seul le vainqueur de Renaud, si quelqu'un le peut être, sera digne d'elle ». Les peuples du Royaume de Damas célèbrent le triomphe d'Armide par des danses et des chants (« Suivons Armide et chantons sa victoire »). Ils sont interrompus par l'arrivée d'Aronte. Celui-ci, chargé de la conduite des prisonniers chrétiens, annonce « qu'un guerrier indomptable les a délivrés tous ». « C'est Renaud » s'écrie Armide. Hidraot et la magicienne crient alors vengeance («Poursuivons jusqu'au trépas l'ennemi qui nous offense»).

Acte deuxième
Le théâtre représente une campagne où une rivière forme une île agréable
Renaud, banni par Godefroy pour avoir tué « le fier Gernand», quitte le camp des chrétiens.
Artémidore, un des chevaliers que celui-ci a libéré, le met en garde contre les enchantements d'Armide. Renaud affirme ne pas craindre « le pouvoir de ses yeux » et « mépriser le charme de l'amour ». De leur côté, Armide et Hidraot préparent un piège à Renaud. Ils invoquent, pour ce faire, des démons (« Esprits de haine et de rage »). Armide demande le privilège de frapper elle-même Renaud. Lorsque celui-ci paraît, il est charmé par le « séjour si charmant » qui l'entoure (« Plus j'observe ces lieux »). Sous l'effet de la magie, il s'endort sur le gazon. Pendant son sommeil, les créatures infernales d'Armide, sous l'aspect de naïades, nymphes, bergers et bergères, vantent les plaisirs de l'amour tandis qu'ils enchaînent le chevalier à l'aide de guirlandes de fleurs. Armide s'avance alors un dard à la main (Monologue : « Enfin, il est en ma puissance »). Prête à frapper Renaud, elle hésite, se ressaisit, mais ne peut se résoudre à tuer « ce superbe vainqueur » qu'elle admire tant. Décidée à le rendre amoureux par ses « enchantements », elle ordonnes aux démons, transformés en zéphirs, d'enlever Renaud et de les conduire tous deux « dans les plus reculés déserts».

Acte troisième
Le théâtre change et représente un désert.
Armide désespère : malgré elle, elle aime Renaud mais celui-ci demeure indifférent à son amour (« Ah! Si la liberté me doit être ravie »). Sidonie et Phénicie paraissent devant leur maîtresse et l'informent que ses enchantements ont eu raison de la froideur de Renaud et que celui-ci l'aime maintenant, à son tour. Pourtant Armide mesure comme son amour est différent de celui de Renaud et elle se résout à faire appel à la Haine afin de se débarrasser de cette passion honteuse (« Venez, venez, Haine implacable »). La Haine sort alors des enfers avec sa suite et entreprend, par un rituel, de briser et brûler les armes dont l'amour se sert («Plus on connaît l'amour, et plus on le déteste»). Mais, alors qu'elle s'apprête à arracher l'amour du sein d'Armide, la magicienne se libère de son emprise déclarant « qu'il n'est pas possible de lui ôter son amour sans lui arracher le cœur ». Armide chasse la Haine et celle-ci disparaît en prédisant que l'amour causera la perte de la magicienne.

Acte quatrième
Ubalde et le Chevalier danois, envoyés délivrer Renaud, errent dans le désert. « Ubalde porte un bouclier de diamant et tient un sceptre d'or qui lui ont été donnés par un magicien pour dissiper les enchantements d'Armide ; Le Chevalier danois porte une épée qu'il doit présenter à Renaud. Soudain, une vapeur s'élève et se répand dans le désert. Des antres et des abimes s'ouvrent et il en sort des bêtes farouches ». À l'aide des artéfacts magiques, les deux chevaliers éloignent les infernales créatures. Le désert disparaît alors et se change en « une campagne agréable, bordée d'arbres chargés de fruits et arrosée de ruisseaux ». Mais un péril encore plus redoutable attend les combattants : Lucinde, la dame des pensées du Chevalier danois apparait. Celui-ci, succombant à sa passion, reste sourd aux avertissements de son ami (« Est-ce là cette fermeté, dont vous vous-êtes tant vanté? »). Ubalde touche alors Lucinde avec le sceptre d'or et ce qui n'était qu'un leurre disparait. Mais Mélisse, l'amante d'Ubalde s'avance et celui-ci s'abandonne à son tour à l'amour. Le Chevalier danois lui arrache des mains le sceptre et l'utilise pour faire disparaitre la chimère. Se ressaisissant, les deux chevaliers jurent de ne plus se détourner de leur but et de mener à bien leur mission (« Fuyons les douceurs dangereuses des illusions amoureuses »).

Acte cinquième
Le théâtre change et représente le palais enchanté d'Armide
Renaud, sous l'effet de la magie d'Armide, brûle d'un amour passionné pour la magicienne (« Armide, vous m'allez quitter »). Celle-ci redoute pourtant la Gloire, sa rivale dans le cœur de Renaud. Après avoir échangé des promesses amoureuses avec son bien-aimé, elle décide de « consulter les enfers » et s'éloigne laissant Renaud en compagnie des Plaisirs. Un amant fortuné chante les vertus de l'amour (Passacaille : « Les Plaisirs ont choisi pour asile »), mais Renaud ne veut rien sinon le retour d'Armide (« Allez, allez, éloignez-vous de moi »). C'est alors que paraissent Ubalde et le Chevalier danois. À l'aide du bouclier de diamant, ils libèrent Renaud des enchantements d'Armide. Celui-ci, affranchi de son amour pour la magicienne s'apprête à partir lorsque Armide paraît. Celle-ci supplie Renaud de rester (« Renaud ! Ciel ! Ô mortelle peine ! »), mais malgré son désespoir, ses menaces, ses prières, Renaud s'éloigne (« Trop malheureuse Armide, hélas ! Que ton destin est déplorable »). Armide tombe et s'évanouit. Pleine de douleurs, elle se ressaisit et, maudissant Renaud (« Le perfide Renaud me fuit »), elle ordonne à ses démons de détruire son palais enchanté avant de s'enfuir sur un char volant.


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